Construire BIM

Construire BIM

Construire BIM ?

 

Qu’est-ce que le BIM ?

Le Building Information Modeling, ou plus simplement BIM, est un terme générique qui désigne l’utilisation de modèles d’information numérique (souvent des maquettes 3D) pour la planification, la construction et l’exploitation d’un bâtiment.

Je pense BIM, je pense…

Derrière l’acronyme, la représentation collective du BIM cache souvent le souhait d’une technologie de gestion informatique d’un bâtiment via une maquette numérique qui regroupe l’ensemble des informations des métiers du bâtiment (structure, CVC, thermique, acoustique, systèmes…). Le bâtiment BIM est en fait un bâtiment dont toutes les informations sont disponibles et modifiables dans une maquette 3D, et qui suivra la vie dudit bâtiment jusqu’à sa destruction.

Couramment employé, le terme BIM est toujours considéré dans un futur immédiat, voire dans le présent. Il est à ce point normalisé que les concours et appels d’offres imposent souvent le recours à une méthode BIM pour les constructions neuves.

Le BIM dans les faits

Pour répondre à la demande BIM, souvent les acteurs de la construction se sont formés aux outils numériques et parfois les réglementations ont imposé des modèles précis. On pourra citer les exemples suivants :

  • Les architectes fournissent des maquettes visuelles 3D (Revit) ;
  • Les bureaux CVC dimensionnent les gaines et positionnent les appareils (Revit) ;
  • Les BE thermiques doivent justifier le respect de la RT2012 sur maquette numérique (ClimaWin, Pléiades, Perrenoud…) ;
  • Les BE acoustiques modélisent des pièces ou bâtiments dans leur environnement sonore (ACOUBAT, ACOUSYS…).

Dans les faits, en conception tous les métiers se servent de maquettes BIM, mais chacun de la leur. Les maquettes étant incompatibles les unes avec les autres, la maquette qui sera remise à la maîtrise d’ouvrage à la fin du chantier sera éventuellement celle de l’architecte, soit une maquette purement visuelle et ne portant pas d’information intrinsèque sur les performances thermiques, acoustiques ou structurelles du bâtiment.

Les solutions logicielles BIM

Pour pallier ce manque de mutualisation, certains éditeurs développent des logiciels « métiers » (spécialisés) compatibles les uns par rapport aux autres. On citera notamment l’exemple du partenariat CSTB-CYPE dans lequel l’éditeur CYPE a développé une série de logiciels « métiers » travaillant à partir d’une même maquette « maître » développée par l’architecte.

La solution proposée, et vers laquelle la plupart des éditeurs se dirigent, privilégie ce système de création d’une maquette « maître » par l’architecte, directement utilisable ensuite par les BE pour réaliser leur propre étude.

Le lecteur remarquera cependant que la méthode BIM proposée ici sert avant tout à gagner du temps à la conception du bâtiment et à limiter les pertes d’informations entre l’architecte et les BE. Il n’est toujours pas possible de fournir à la fin du chantier la maquette numérique complète, mais plutôt une série de maquettes « métier » sur le même modèle initial.

Pourquoi ne pas directement intégrer toutes les informations sur la même maquette 3D ?

Malgré son caractère quotidien, la technologie du bâtiment demande l’intervention de nombreux acteurs dont l’approche est unique et complexe. En raison du très grand nombre de paramètres à prendre en compte, et de l’impact des phénomènes physiques « métiers » les uns sur les autres, il est difficile de définir un protocole de maquette compatible avec tous. Sans compter que le BIM se limite pour le moment à la phase conception du bâtiment, pas à son exploitation.

Trouver le « plus petit multiple commun » entre tous les métiers du bâtiment est cependant bien la démarche en développement au CSTB, et celle qui aboutira à la création du bâtiment pleinement BIM.

Autres interrogations pour prévoir l’avenir

L’impact du BIM sur les métiers du bâtiment sera profond et amènera une évolution drastique des pratiques. Voici quelques interrogations qu’il convient de traiter en amont de la rupture technologique :

  • Quelle formation délivrer aux acteurs du bâtiment pour réaliser un minimum d’erreurs au cours de la conception et assoir la confiance dans les données numériques ?
  • Si le but du BIM est de minimiser les coûts d’exploitation sur un cycle de vie, comment tenir à jour la maquette sans perte de temps et tenir un budget ?
  • En cas de dommage de type décennale, quel rôle juridique jouera la maquette BIM ?
  • Plus généralement quel statut juridique de la maquette BIM et qui en sera propriétaire ?
  • Quelle normalisation et quelle loi pour un protocole BIM unique, sous surveillance d’un organisme étatique, afin d’éviter une privatisation des standards et le risque de malfaçon sur les bâtiments à faible budget ?
  • Lors du chantier, comment s’assurer que la construction respecte le détail précis de la maquette BIM prévue en conception ?

Conclusion

La technologie du BIM connait une hausse de sa popularité (un buzz) bien au-delà de son avancement technologique réel. Victime de son image marketing, et malgré la volonté des acteurs du secteur, le bâtiment BIM reste dans les faits une révolution à moyen terme dont la technologie et la méthode sont toujours au stade du développement.

Si l’objectif est en revanche de construire un modèle durable standard, il sera par ailleurs nécessaire de préparer en amont toutes les questions juridiques associées à ce nouvel objet technologique.

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